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Honoré de Balzac

Son œuvre est colossale. Vous avez peut-être déjà lu un de ses romans. Faisons un peu mieux connaissance avec l’auteur de La Comédie Humaine. 

La famille d’Honoré de Balzac

Bernard-François Balzac est d’origine paysanne, mais il a eu une belle ascension sociale. En 1797, il est alors âgé de 51 ans, il épouse Anne Charlotte Laure Sallambier, qui a 19 ans.
Ils ont quatre enfant. Honoré naît le 20 mai 1799 (1er prairial au VII dans le calendrier républicain) à Tours et il est mis en nourrice à Saint Cyr sur Loire. Laure naît en 1800 et est mise en nourrice avec son frère. Puis Laurence et Henri.

Honore de Balzac

Charlotte ne s’intéresse pas beaucoup à ses enfants. Ce qui est une souffrance pour eux. Honoré et sa sœur Laure sont alors très proches et le resterons.
Enfant, Honoré est grand lecteur des
Milles et une nuits.

Leur père est un original, grand amateur de littérature qui s’est fait lui-même. Il a une grande fascination pour l’aristocratie. D’ailleurs, il réussira à glisser une particule à son nom.
Il communique cette fascination pour l’aristocratie à son fils.
Mais Honoré en fera plus tard la satire comme dans Eugénie Grandet, avec le personnage de Monsieur Bonfons qui devient en cours de roman Monsieur de Bonfons.

Même si l’on est d’origine modeste, il faut arriver à s’élever dans la société de l’époque.

Le jeune Balzac

Entre 1804 et 1813, Honoré étudie au collège de Vendôme. En 1813, il devient pensionnaire de l’institution Ganser à Paris.

A la fin de ses études secondaires en 1816, il a 17 ans et s’inscrit à la faculté de droit. Il suit des cours également à la Sorbonne et au Muséum d’Histoire Naturelle. En parallèle, il devient clerc chez l’avoué Y.B. Guillonnet-Merville.

Et en 1819, il est reçu premier au baccalauréat en droit. Mais il ne poursuit pas ses études de droit. Il est bien plus intéressé par la philosophie et veut se consacrer à la littérature. Ses parents lui laissent deux ans et il s’installe dans une mansarde au 9 rue Lesdiguière à Paris.

Paris est un lieu où l’on peut triompher. Le Paris du siècle des lumière où tout peut arriver.

Ses débuts en littérature

En ce début du XIXème siècle, beaucoup d’auteurs veulent faire du théâtre. En effet, ils sont rémunérés grâce aux représentations et l’auteur touche un pourcentage sur les recettes. Les droits d’auteur n’existent pas encore.

Balzac aborde la littérature et la philosophie avec par exemple Sténie ou les Erreurs philosophiques, roman épistolaire inachevé. Il s’essaie à la tragédie, avec Cromwell. Mais sur le conseil de sa famille et de l’Académicien, François Andrieux , Balzac cesse ses tentatives théâtrales.

Il se tourne alors vers le roman, en songeant à Rabelais, Rousseau, Diderot, Miguel Cervantes , Chateaubriand ou aux romans historiques de Walter Scott. Le roman historique est le grand genre du roman dès 1820. Balzac comprend l’impact des évènements historiques sur la vie de tous et il écrit Le dernier Chouan ou la Bretagne en 1800 (Les Chouans) qui est publié en 1829.
Entre 1832 et 1837, il écrit Cent contes drolatiques, contes joyeux et paillards, sur le modèle de Rabelais et de la langue du Moyen Age. Ces contes sont mal reçus.

En 1823, il fréquente les écrivains libéraux. Il va collaborer dès 1824 au Feuilleton Littéraire. Il écrit aussi de nombreux articles pour des revues politiques, critiques littéraires….
Honoré de Balzac est un mondain qui fréquente les salons. Il dépense son argent en cadeaux, bibelots, cannes…. Et il se lance dans des affaires, qui vont être pour lui des échecs financiers.

Balzac, le roman moderne

Entre 1820 et 1830 le roman moderne commence à s’imposer comme genre dominant dans la littérature.

Seuls sont alors considérés comme nobles dans la hiérarchie de la tradition française, la poésie et le théâtre. Le roman est vu comme étant un simple divertissement. Il va en être autrement avec les romans de Balzac.
Dans la préface d’Une fille d’Eve (1838), il compare l’histoire au roman. Face à l’imaginaire ont retrouve la vérité et la rigueur.

Balzac crée des personnages qu’il place dans l’histoire en se basant sur des faits réels. Il veut peindre des « causes qui engendrent des faits ». Pour cela, il est nécessaire à la fois d’observer et d’imaginer. Et à partir de là, le roman peut être construit. Balzac invente le roman comme chronique d’une société.

Le travail d’écriture

Il a une grande puissance de travail et respecte un emploi du temps de moine quand il écrit. Sa correspondance avec Madame Hanska en témoigne. Il écrit, corrige, reprend inlassablement les passages qu’il considère imparfaits. Pour lui, écrire est une nécessité intellectuelle. Mais il a aussi besoin d’argent car ses créanciers ne lui laissent pas de repos, il est très endetté.

Avant d’être édités, les romans de Balzac, comme beaucoup d’autres auteurs, paraissent d’abord dans les journaux. L’auteur est obligé de se soumettre aux contrats de ses éditeurs. Il reçoit des avances financières, mais il faut rendre les romans. C’est pour cela qu’il écrit jusqu’à 18 heures par jour, qu’il boit du café, se bat contre la fatigue et il use sa santé.

En 1838, Balzac adhère à la Société des gens de lettre, qui vient d’être créée. Il sera élu président en 1839. Plus tard, les auteurs seront rémunérés sur un pourcentage des ventes de livres.

Balzac s’impose

Alors qu’il appartenait plutôt à un courant du romantisme libéral en opposition à la monarchie, après la révolution de 1830, Balzac devient légitimiste. Cette révolution est pour lui une aggravation de la révolution de 1789. Il voit le côté positif : on gagne en liberté. Mais c’est aussi la destruction de l’ organisation et de l’ordre de la société que Napoléon avait pourtant rétabli. Il lui paraît que le légitimisme est une possibilité pour restaurer cet ordre.

De plus, commencent à arriver au pouvoir la haute finance, la banque, la grande bourgeoisie d’affaires. Ce qui n’est pas sans conséquences. A partir de 1830 la bourgeoisie d’affaires et la bourgeoisie industrielle s’imposent en première place dans la société. L’aristocratie perd du terrain, se ruine. De nouveaux circuits d’argent sont créés.

Dans le roman Eugénie Grandet,, le père Grandet gagne de l’argent avec la vente de ses tonneaux. Mais il n’est pas fortuné. Son capital fructifie à partir du moment où il se lance dans la spéculation. Il multiplie son capital, grâce à la dématérialisation de l’argent par la spéculation boursière. L’argent est le moteur essentiel de la dynamique sociale. Il y a deux banques dans la Comédie Humaine : la banque Nucingen et la banque des frères Keller.

Mais avant Eugénie Grandet,, le roman qui impose Balzac comme auteur à succès est La peau de chagrin, publié en 1831. Ce nouveau type de roman (fantastique social) est l’image de la contradiction de l’existence moderne : entre le vouloir et le pouvoir, entre le désir de vivre et l’usure que la vie entraîne.

La Comédie Humaine

C’est en 1842 que l’expression : La Comédie Humaine est employée pour désigner l’œuvre de Balzac. Elle fait référence à La divine comédie de Dante

Un univers est construit

La Comédie Humaine se comprend en tenant compte de l’impact de la Révolution de 1789 sur les mœurs et les individus. En quelques décennies de grands changements ont eu lieu.
Balzac, même s’il est un piètre financier , est un grand romancier de l’argent. Il comprend comment circule l’argent.

Il est un des premiers écrivains à situer ses romans en province, dans de petites villes. Il va à la rencontre des gens. A l’époque c’est à Paris que tout se pense, se dit, se décide. Bien sûr, c’est là qu’il faut réussir et être connu. La province est le vivier dans lequel Paris trouve de quoi s’alimenter.

Il s’intéresse aussi aux femmes. Sachant qu’en 1804, dans le code Napoléon la femme est une mineure juridique. Il a publié en 1829 anonymement : La physiologie du mariage, signé par « Un célibataire endurci ». Il y évoque le mariage des classes supérieures en France, la lune de miel et d’autres thèmes autour du mariage. Il y fait des propositions.

Dans ses romans, Balzac ne cherche pas à juger ses personnages. Il décrit leur mesquinerie, leurs aspirations, leurs faiblesses, et aussi leur grandeur. Balzac a un regard sociologique. Pour lui, la littérature doit prendre en charge la réalité du monde social et celle des mœurs du monde moderne.

Chaque roman est une partie de l’univers de la Comédie Humaine. Nous ne sommes pas dans le roman « divertissant » tel qu’il peut être considéré en ce début de XIXème siècle, mais dans le roman critique et analytique. Qu’y-a-t-il derrière la comédie sociale ? Comment fonctionnent le théâtre du monde, le monde moderne ?
Il veut faire connaître et faire comprendre. C’est le roman du savoir.

La Comédie Humaine se comprend en tenant compte de l’impact de la Révolution de 1789 sur les mœurs et les individus. En quelques décennies de grands changements ont eu lieu.
Balzac, même s’il est un piètre financier , est un grand romancier de l’argent. Il comprend comment circule l’argent.

Il est un des premiers écrivains à situer ses romans en province, dans de petites villes. Il va à la rencontre des gens. A l’époque c’est à Paris que tout se pense, se dit, se décide. Bien sûr, c’est là qu’il faut réussir et être connu. La province est le vivier dans lequel Paris trouve de quoi s’alimenter.

Il s’intéresse aussi aux femmes. Sachant qu’en 1804, dans le code Napoléon la femme est une mineure juridique. Il a publié en 1829 anonymement : La physiologie du mariage, signé par « Un célibataire endurci ». Il y évoque le mariage des classes supérieures en France, la lune de miel et d’autres thèmes autour du mariage. Il y fait des propositions.

Dans ses romans, Balzac ne cherche pas à juger ses personnages. Il décrit leur mesquinerie, leurs aspirations, leurs faiblesses, et aussi leur grandeur. Balzac a un regard sociologique. Pour lui, la littérature doit prendre en charge la réalité du monde social et celle des mœurs du monde moderne.

Chaque roman est une partie de l’univers de la Comédie Humaine. Nous ne sommes pas dans le roman « divertissant » tel qu’il peut être considéré en ce début de XIXème siècle, mais dans le roman critique et analytique. Qu’y-a-t-il derrière la comédie sociale ? Comment fonctionnent le théâtre du monde, le monde moderne ?
Il veut faire connaître et faire comprendre. C’est le roman du savoir.

La structure

La Comédie Humaine se structure en :

  • Étude de mœurs,
  • Étude philosophique,
  • Étude analytique.

Les études de mœurs
Elles regroupent la plus grande partie des œuvres et se découpent ainsi :

  • Scène de la vie privée, vie quotidienne des couples et des familles. (Le père Goriot, La maison du chat qui pelote, La bourse)
  • Scène de la vie de province (Les illusions perdues, Eugénie Grandet).
  • Scène de la vie parisienne (Splendeurs et misères des courtisanes).
  • Scène de la vie politique (Une ténébreuse affaire).
  • Scène de la vie militaire (Les chouans).
  • Scène de la vie de campagne (Le médecin de campagne).

Les études philosophiques
Comme Le chef d’œuvre inconnu, La peau de Chagrin, L’auberge rouge.

Les études analytiques
Comme La psychologie du mariage ou Les petites misères de la vie conjugale.

L’ensemble est organisé, structuré pour présenter un tableau de l’histoire contemporaine. Et à l’instar du monde réel, nous retrouvons dans le temps certains personnages.

Le retour des personnages

Le retour des personnages existe déjà, mais Balzac le systématise. Ainsi d’un roman à l’autre, le lecteur retrouve l’écho du monde réel.
Balzac écrit dans la préface d’Une fille d’Eve :

  « Il n’y a rien qui soit d’un seul bloc dans ce monde, tout y est mosaïque. Vous n’en pouvez raconter chronologiquement que l’histoire du temps passé, système inapplicable à un présent qui marche. »

Cela commence dans Le père Goriot (écrit en 1836), avec Vautrin (ancien forçat) et Rastignac (jeune étudiant de province, arrivé à Paris pour ses études). C’est un roman d’apprentissage, qui place un jeune homme devant tous les obstacles de la société.

Le personnage de Rastignac, dont la biographie est présentée dans la préface d’Une fille d’Eve, a un rôle dans plusieurs œuvres : La peau de chagrin (1831), L’affaire Nucingen et Splendeurs et misère des courtisanes, cette liste n’étant pas exhaustive.

Vautrin
Vautrin

 

 

Vautrin, l’ancien forçat, chef de la bande des Dix mille, a aussi sa propre évolution. Il passe un accord avec la police et est recruté comme chef de la sûreté de brigade de la police. Nous pouvons faire un parallèle entre le destin de Vautrin et celui de Vidocq .

Ce qui signifie que pour Balzac, dans le monde moderne, la morale n’a plus de sens. Ce sont les opportunités à saisir qui comptent.

Rastignac
Rastignac

 

Vautrin lie deux personnages : Rastignac et de Rubempré. D’un côté du diptyque nous avons Rastignac qui dans sa lutte pour la réussite est sans scrupules. De l’autre côté, Lucien de Rubempré qui dans Les illusions perdues fait un mauvais choix politique.

Rubempré
Rubempré

Extrait de l’avant propos de la Comédie Humaine :

 

« … La Société française allait être l’historien, je ne devais être que le secrétaire. En dressant l’inventaire des vices et des vertus, en rassemblant les principaux faits des passions, en peignant les caractères, en choisissant les événements principaux de la Société, en composant des types par la réunion des traits de plusieurs caractères homogènes, peut−être pouvais−je arriver à écrire l’histoire oubliée par tant d’historiens, celle des mœurs … »

« …En saisissant bien le sens de cette composition, on reconnaîtra que j’accorde aux faits constants, quotidiens, secrets ou patents, aux actes de la vie individuelle, à leurs causes et à leurs principes autant d’importance que jusqu’alors les historiens en ont attaché aux événements de la vie publique des nations … »

Mesdames de Berny et Hanska

laure-de-berny
Laure de Berny

 

En 1822, débute sa liaison avec Madame de Berny. Elle est âgée de 45 ans. Elle est celle qui l’initie. C’est aussi l’image de la mère pour Balzac. Elle le conseille, l’encourage et lui apporte une aide financière.

En 1832 Balzac reçoit une première lettre de « l’étrangère ». Plusieurs mois après, Balzac fait sa réponse. C’est le début d’une longue relation épistolaire avec une lectrice polonaise Madame Hanska. Balzac est donc un écrivain de Paris, lu dans les classes les plus cultivées de Pologne, Turquie, Grèce, Russie…

Il lui confie ses travaux, ses peines, ses ennuis.

C’est en 1833 à Neuchâtel qu’il rencontre pour la première fois Madame Hanska, dont l’époux meurt en 1841. Mais c’est seulement le 14 mars 1850 que Balzac épouse Ewelina Hanska. Il meurt le 18 août de cette même année.

Hanska
Madame Hanska

Il est inhumé au Père Lachaise où Victor Hugo prononce un éloge funèbre.

Quand dans sa jeunesse il se demande :

« Laure, Laure, mes deux seuls et immenses désirs, être célèbre et être aimé, seront-ils jamais satisfaits.  »

Il se répond dans sa maturité :

« La nature avait créé en moi un être d’amour et de tendresse, et le hasard m’a contraint à écrire mes désirs au lieu de les satisfaire. »

Sources et compléments

 

Larousse : https://www.larousse.fr/encyclopedie/personnage/Honor%C3%A9_de_Balzac/107350
Conférence La comédie humaine par Gérard Gengembre.
France Culture : Centenaire de la mort de Balzac (1/4),
(2/4), (3/4), (4/4).

A visiter : la maison de Balzac https://www.maisondebalzac.paris.fr/
Liste exhaustive des œuvres de la Comédie Humaine : https://www.larousse.fr/encyclopedie/oeuvre/la_Com%C3%A9die_humaine/114206

Eloge funèbre sur Youtube.

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