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Alexandre Dumas père

Marie Louise Élisabeth Labouret, la fille d’un hôtelier de Villers-Cotterêt est mariée au général Thomas Alexandre Dumas Davy de la Pailletterie. Il est le fils d’un marquis normand et d’une femme esclave noire, Marie-Cessette Dumas, de Saint-Domingue. Général de la révolution, après avoir brillamment mené les campagnes d’Egypte et d’Italie et avoir été prisonnier en Italie, il tombe en disgrâce sous Napoléon.

Marie Louise Élisabeth, le 24 juillet 1802, met au monde à Villers-Coterêt le petit Alexandre Dumas Davy de la Pailletterie. Que l’on connaît sous le nom d’Alexandre Dumas ou Dumas père.

Partons à sa rencontre !

Ses premières années se passent à Haramont (département de l’Aisne) dans le petit château Les Fossés, qui date de la fin du XV ème siècle. Il y vit jusqu’en 1806 à la mort de son père, qui louait ce château. Alexandre Dumas l’évoquera dans ses Mémoires.

Sa mère va vivre avec ses deux enfants (Alexandre a une sœur) chez ses parents à l’hôtel de l’Epée à Villers-Cotterêt.

Dumas père

Alexandre va au collège de l’abbé Grégoire jusqu’en 1813. Ce n’est pas un bon élève. Mais il a un don pour la calligraphie qui lui vaudra une place dans les bureaux du futur Louis-Philippe à Paris.

Puis, en 1817, il entre comme troisième clerc et saute-ruisseau chez un notaire de Villers-Cotterêt. Puis chez un autre notaire à Crépy-en-Valois.

Alexandre rencontre en 1819, le futur dramaturge Adolphe de Leuven qui l’initie à la littérature. Après avoir vu Hamlet de Jean-François Ducis, c’est avec Adolphe de Leuven qu’il commence à écrire ses premières pièces en collaboration : deux vaudevilles, dont Le Major de Strasbourg, un drame Les Abencérages

Son premier grand intérêt : le théâtre

Il s’installe à Paris en 1823. Grâce au général Foy, il entre au secrétariat du duc d’Orléans, futur Louis-Philippe Ier, comme expéditionnaire. Il poursuit son éducation par les livres, fréquente les salons littéraires impériaux ou libéraux.

En parallèle il écrit un vaudeville en collaboration en 1825 : La Chasse et l’amour lui rapporte 300 francs. Cette somme lui permet de faire éditer des nouvelles.

Sa mère vient le rejoindre à paris à cette époque.

En 1828, grâce au baron Taylor, ami de Charles Nodier, Christine, une tragédie qu’Alexandre Dumas a écrite, est acceptée à la Comédie-Française. Mais elle n’est pas représentée, car déjà deux pièces sont montées sur le même sujet, et aussi à cause des caprices de Mademoiselle Mars.

Il tente sa chance avec Henri III et sa cour en 1829. Cette fois, le succès est au rendez-vous. Non seulement un succès financier, mais aussi mondain et littéraire. La pièce est jouée devant le duc d’Orléans et Alexandre Dumas devient son bibliothécaire adjoint. Il assiste à la première lecture de Marion de Lorme de Victor Hugo qu’il a rencontré chez Charles Nodier.

Puis en 1831, il écrit Antony, qui s’inspire de sa liaison avec Mélanie Waldor. Cette pièce met en scène une femme adultère.
Et d’autres pièces en collaboration : Richard Darlington, Thérésa, La Tour de Nesle. Cette dernière est une œuvre de Gaillardet, qu’Alexandre Dumas transforme et dont la pièce fait un triomphe à la Porte Saint-Martin avec Melle George. Enfin un autre succès avec Kean ou Désordre et génie en 1836. Ses autres pièces ont moins de succès.

Après le théâtre, le roman

Après 1832, Alexandre Dumas écrit des chroniques historiques qui ont du succès. A la lecture du feuilleton Les Mystères de Paris d’Eugène Sue, il décide de se lancer dans le roman, feuilletons, biographies romancées, récits, chroniques.

Alexandre Dumas a commencé par le théâtre et cela se ressent dans ses romans. Les mises en scène, les coups de théâtre, les nombreux rebondissements, les répliques et les dialogues sont présents.

La présentation des lieux, de l’époque, des personnages avant la levée de rideau, permettent au lecteur de se faire une idée du cadre général.

Les romans se déroulent durant des périodes troublées de l’histoire, comme La Fronde, les guerres de religion. Ils sont riches en péripéties.

Ses romans sont historiques, mais ce sont surtout des romans d’aventures. On y retrouve au fil des pages, la gaieté, le grotesque, le drame, l’action.

Et il s’attache à faire de son lecteur un complice, il lui transmet l’allégresse.

Cuisine

L’esprit et la gaieté d’Alexandre Dumas se manifestent aussi dans Le Dictionnaire de Cuisine. Nous rencontrons l’érudition du gastronome et les plaisanteries, comme la recette des pieds d’éléphants. Ce dictionnaire,  qu’il laissera inachevé, est le sujet d’une de ses passions. Cet ouvrage distrayant, érudit est un voyage gourmand, plein d’histoires et d’anecdotes.

Alexandre Dumas aime l’esprit chevaleresque, le panache, la générosité ; il a horreur de l’avarice, des gens pincés, des hypocrites.
Il fait l’apologie de la dépense : l’argent est fait pour être dépensé, donné, joué. La quiétude ennuie ses héros, qui ont soif d’aventures.
Les méchants restent méchants. Les bons sont constants, dévoués, fidèles à leurs amitiés : Tous pour un, un pour tous.

Gérard de Nerval présente Auguste Maquet en 1838 à Alexandre Dumas. Il devient son principal collaborateur.

C’est en 1844, qu’Auguste Maquet montre à Alexandre Dumas ses premiers volumes d’une aventure historique qui a pour sujet des faux mémoires de d’Artagnan. Cet ouvrage, Alexandre Dumas sent qu’il a tout pour plaire. Il le récrit et l’allonge largement. C’est en feuilletons que le roman paraît dans Le Siècle et est édité en volumes avec le titre Les trois Mousquetaires.

Ainsi débute un cycle de romans. Les Trois Mousquetaires précède Vingt ans après et Le vicomte de Bragelonne.

Les Mousquetaires

Les deux auteurs écrivent toujours en partenariat La reine Margot, Madame de Monsoreau, Le chevalier de Maison Rouge, Les mémoires d’un médecin.

Le Théâtre-Historique ouvre en 1847 avec La Reine Margot. Ce théâtre fermera en 1851, car les recettes sont mises à mal par la Révolution de Juillet et les dettes d’Alexandre Dumas atteignent un chiffre impressionnant.

Tout cela représente un énorme travail, irréalisable sans collaboration.

Alexandre Dumas écrit ses Mémoires, qui paraissent dans le journal Les Mousquetaires, qu’il fonde à Paris à son retour de Belgique.

Ses voyages et exils

En 1832, il n’échappe pas à l’épidémie de choléra, mais il en guéri. Mal vu du pouvoir en place, il part pour la Suisse entre 1833 et 1837. C’est le début de ses récits de voyages dans Impressions de voyage.

Alexandre Dumas voyage en Espagne aux frais du gouvernement, chasse sur l’île d’Elbe avec le fils de Jérôme Bonaparte. En 1838, il voyage en Belgique et sur les bords du Rhin avec Gérard de Nerval.

Au début des années 1840, il voyage en Italie et en Méditerranée. Il découvre l’île de Monte-Cristo.

Avec le peintre Louis Boulanger, Auguste Maquet et Alexandre Dumas fils, il part en Espagne en 1846. Puis surtout en Algérie sur un navire de guerre. Alexandre Dumas est chargé de faire une publicité officieuse de la nouvelle colonie. Afin de justifier la présence française. Malgré tout, il décrira les atrocités de la guerre.

En 1851, ruiné, il s’exile en Belgique afin de fuir et le nouveau régime et les huissiers. Chez lui on rencontre François Arago, Edgard Quinet, Victor Hugo.

1857 – Voyage en Angleterre avec son fils Alexandre.

Ses pérégrinations ne s’arrêtent pas là, en 1858, 1859 il fait un grand voyage en Russie et dans le Caucase. Il publie ses impressions de voyage dans En Russie et Voyage au Caucase. Puis en 1860 en Italie où il devient l’ami de Guiseppe Garibaldi. Il est à Naples un personnage officiel aimé puis détesté. Il reste quatre ans en Italie. Il se rend aussi en Allemagne et en Autriche-Hongrie.

Mais l’argent continue de filer entre ses maîtresses, amis, inconnus, créanciers. Il faut donc écrire plus : articles, essais, conférences.

Les collaborations

Revenons en aux collaborations. Nous pouvons citer les collaborateurs suivants : Adolphe de Leuven, Auguste Maquet, Frédéric Gaillardet, Jules Janin, Paul Meurice.

Frédéric Gaillardet a écrit La Tour de Nesle. Alexandre Dumas modifie le roman pour qu’il soit monté au théâtre de la Porte Saint Martin. Le directeur lui attribue la paternité du roman. En conséquence de quoi, Frédéric Gaillardet attaque Alexandre Dumas en justice et ils se battent en duel.

Paul Meurice a écrit une adaptation de la pièce Hamlet, prince de Danemark avec Alexandre Dumas. Paul Meurice a aussi collaboré avec George Sand pour adapter des pièces comme Les Beaux Messieurs de Bois-Doré.

Parfois Alexandre Dumas donne l’idée de départ. Puis les auteurs font les recherches historiques et écrivent le roman. Ensuite, Alexandre Dumas récrit, arrange, termine des romans qui sans cela seraient sans doute passés inaperçus.

Il semblerait même que pour certains ouvrages, certaines pages ne sont jamais lues par Alexandre Dumas, alors que les livres sont publiés en son nom.

Ces collaborations sont reprochées à Alexandre Dumas à l’époque. Avec par exemple en 1845 la parution du pamphlet du journaliste et écrivain Eugène de Mirecourt Fabrique de romans, Maison Alexandre Dumas et Cie. Alexandre Dumas dépose plainte au tribunal pour diffamation. A son tour Auguste Maquet porte plainte pour avoir été mis en cause de manière abusive.

Il faut dire qu’Alexandre Dumas ne passe pas inaperçu. Auteur estimé des grands et surtout des femmes, c’est un personnage voyant, bruyant, scandaleux et plaisant.

Pourtant au XIXème siècle l’écriture collaborative est une pratique courante. De plus, ces auteurs de l’ombre profitent de la notoriété d’Alexandre Dumas qui monte des pièces et dont les récits paraissent dans les journaux. Son nom fait vendre !
Il faut dire qu’à l’époque la notion de propriété littéraire n’existe pas encore. Mais Frédéric Gaillardet gagne tout de même le procès intenté au sujet de La Tour de Nesle.

C’est en 1838 qu’Honoré de Balzac adhère à la Société des gens de lettres, avec Victor Hugo, Alexandre Dumas, Frédéric Soulié et George Sand. Cette société doit défendre le droit moral et les intérêts des auteurs.

Malgré tout cela, sa relation avec les auteurs est amicale. Enfin, jusqu’à ce qu’il y ait des fâcheries.

Épouse, liaisons et enfants

Dumas fils
                             Alexandre Dumas fils

En 1824 Catherine Labay, couturière, donne naissance à Alexandre Dumas fils. Il deviendra célèbre avec La Dame aux Camélias en 1851. Tout en héritant des talents de son père, ce sera plutôt un auteur qui dépeindra la société contemporaine, dans des drames et comédies de mœurs. Il explorera les problèmes qui agitent la société bourgeoise, comme la condition de la femme, l’argent, la corruption.

Alexandre Dumas père reconnaît son fils naturel qui est confié à sa garde. Alexandre Dumas fils sera souvent mis en pension. Les relations sont difficiles avec son père et ses compagnes.

 

Le 5 mars 1831 naît sa fille Marie Alexandrine dont la mère est Belle Krelsamer (dite Mélanie Serre). Marie Alexandrine sera femme de lettre, peintre et enlumineuse de miniatures. Son père la reconnaît deux jours après sa naissance.

Marie-Alexandrine-Dumas
           Marie-Alexandrine-Dumas
Ida Ferrier
                                    Ida Ferrier

Alexandre Dumas se marie une fois, en 1840, avec la comédienne Ida Ferrier. Il a pour témoin François-René de Châteaubriand. Avant leur mariage, la relation était déjà compliquée. Alexandre est volage, Ida est jalouse. Le duc d’Orléans propose un voyage en Espagne à Alexandre Dumas. Mais il ne veut pas emmener sa maîtresse. Ce qui provoque des scènes et la vie du ménage devient un enfer. On lui conseille de rompre, mais Alexandre Dumas pense que les choses vont s’arranger avec le mariage. Il propose donc à Ida de l’épouser, ce qu’elle accepte. Puis Alexandre Dumas part seul en Espagne. A son retour, il se met à l’abri des importunités d’Ida. Finalement, Ida, trompée par son mari, le trompe à son tour. Mais un jour, Alexandre Dumas, rentré plus tôt que prévu au domicile conjugal, y découvre un homme… Le couple se sépare en 1844.

Ensuite, il y a la naissance d’un autre fils naturel, Adolphe François Henri Bauër en 1851 dont la mère est Anna Bauër. Henri Bauër deviendra écrivain, polémiste et journaliste. Il prendra partie pendant la commune, ce qui lui vaudra une condamnation à l’exil en Nouvelle-Calédonie pendant sept ans.

En 1860, naît sa fille, Micaëlla Clélie Josepha Elisabeth Cordier, dont la mère est l’actrice Emilie Cordier.

Autres engagements

A.Dumas défend la théorie de l’évolution de Charles Darwin. Durant un dialogue entre Alexandre Dumas et un raciste, au sujet de la théorie de l’évolution de Charles Darwin :

La personne raciste : « Au fait, cher Maître, vous devez bien vous y connaître en nègres ? »

Dumas lui répond : « Mais très certainement. Mon père était un mulâtre, mon grand-père était un nègre et mon arrière-grand-père était un singe. Vous voyez, Monsieur : ma famille commence où la vôtre finit. »

En 1830, il participe aux journées de juillet. Il s’engage pour la République, contre les Bourbons. Malgré son amitié avec les princes. Il va enlever la poudrière à Soisson et l’on retrouve cet évènement dans un rapport : Rapport au Général La Fayette sur l’enlèvement des poudres de Soissons. Puis demande à La Fayette de l’envoyer en Vendée où l’on craint une insurrection et où il rejoint sa maîtresse.

En 1848, il participe à la Révolution de Juillet. Il tente de s’engager en politique, mais est jugé trop extravagant. De plus, il change ses positions politiques et se rapproche de Louis-Eugène Cavaignac contre Louis-Napoléon Bonaparte.

Pour finir

Alexandre Dumas est nommé Chevalier de la Légion d’Honneur en 1837. En revanche, malgré ses velléités académiques, il n’entrera pas à l’Académie Française. Contrairement à son fils qui sera élu en 1874.

En 1859, il signe avec Michel Lévy un contrat pour l’édition de ses œuvres complètes.

Il aura une dernière conquête en 1867 : Adah Menken, écuyère et actrice américaine.

En 1869, Alexandre Dumas voyage en Bretagne et dans le midi de la France, mais il se sent malade et fatigué.

Il meurt le 5 décembre 1870 chez son fils Alexandre au Puy près de Dieppe.

En 1872, il est enterré solennellement à Villers-Cotterêt.

Mais le 30 novembre 2002 ses cendres sont transférées au Panthéon. Lors de la cérémonie son cercueil est entouré de quatre mousquetaires.



Dumas père
                    Alexandre Dumas père

Une fois plongé dans un roman d’Alexandre Dumas, on ne peut en sortir.
Cet auteur exerce sur le lecteur une grande fascination. Il sait faire naître une complicité avec le lecteur et l’emporte vers des aventures, des intrigues, à la rencontre de personnages hors du commun. Comme l’était Alexandre Dumas.

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