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Histoire de l’écriture – 3eme Partie

L'écriture Partie 3


Lascaux, tracent des dessins sur les parois d’une grotte. Il y a plus de 150.000 ans de cela.

Mais il n’y a que 6000 ans que l’écriture est née.

L’Europe et l’écriture

En Gaule, c’est le latin que l’on écrit.

En l’an 842, Charles le Chauve et Louis le Germanique se jurent fidélité contre Lothaire, par un traité. Pour la première fois, un document officiel n’est pas rédigé en latin, mais en langue tudesque (ancien allemand) et en langue romane (ancien français).
En revanche, la partie n’est pas gagnée et le latin va encore rester pendant plusieurs siècles la langue de l’écrit.

Les supports d’écriture : Le parchemin et le vélin

Nous sommes en Asie Mineure, plus précisément à Pergame, au IIe siècle avant J.-C.

Le papyrus, longtemps utilisé, présente des inconvénients. Il est cher, assez fragile et on ne peut écrire que sur une face. De plus, l’Égypte refuse de fournir à Pergame, sa rivale, du papyrus. Il faut donc trouver un support pour l’écriture. Et ce sera le cuir. Le parchemin est né. Le mot parchemin vient du grec « pergamêné », qui signifie « peau de Pergame ».
Ce support est fabriqué avec des peaux de veaux, moutons, chèvres. Les peaux de veaux et de moutons sont privilégiées car elles possèdent un avantage : on peut écrire sur les deux faces.

Le parchemin offre un autre avantage sur le papyrus : il peut se plier et ainsi être relié à la façon des codex romains. Ces feuillets empilés les uns sur les autres et cousus, forment les livres !

Il est utilisé jusqu’au IXe siècle au Proche-Orient, et durant tout le Moyen Âge en Occident.

Le vélin de l’ancien français « veel », veau, est un parchemin de qualité supérieure obtenu avec la peau de jeunes veaux ou de veaux mort-nés. D’ailleurs, les enluminures sont réalisées sur vélin, car il conserve mieux les coloris.

Le scriptorium – les copistes

Nous voici au Moyen-âge en Occident.

Dans les abbayes, le scriptorium est une salle à part de la bibliothèque. C’est une salle commune ou un ensemble de cellules individuelles. Dans les monastères plus pauvres, cette salle est installée dans le cloître.

Rares encore sont les laïcs qui savent écrire. ce sont les moines qui détiennent le savoir.

Ces moines copistes du Moyen âge n’inventent pas ce qu’ils écrivent. Leur création réside dans la calligraphie et les enluminures.
Pour écrire, les copistes utilisent une plume d’oie bien plus maniable que le stylet en roseau. Ces plumes peuvent être taillées différemment, en fonction de la graphie souhaitée.

Les copistes disposent d’un siège et d’un pupitre. Ils travaillent souvent debout aussi.

Un copiste couvre en moyenne quatre feuilles par jour. Ces feuilles sont des in-folio d’environ 35 à 50 cm de hauteur et 25 à 30 cm de largeur.

Les calligraphes, miniaturistes, enlumineurs font preuve d’un grand talent. Chaque chapitre ou paragraphe commence par une lettrine parfois en feuille d’or. Des dessins y sont ajoutés : paysages, fleurs, personnages, avec des couleurs vives.

Les monastères qui n’ont pas les compétences dans leur communauté, louent les services d’un relieur. Il est alors chargé de fabriquer la couverture avec le fermoir et de l’ouvrager.

Les caractères

Les moines utilisent dès le début les caractères utilisés déjà par les romains : l’onciale, la semi-onciale, la capitale, la majuscule carrée.

Mais au VIIIe siècle, Charlemagne impose la graphie « caroline » qui va se répandre dans toute l’Europe occidentale médiévale. De plus, le règne de Charlemagne est marqué par une vaste entreprise de « corrections ». En effet, les anciens textes copiés et recopiés comportent de nombreuses erreurs. Ces erreurs sont susceptibles d’altérer le sens du texte. De nouvelles copies sont donc réalisées. Les manuscrits carolingiens portent la mention « ex autentico libro », qui est la garantie de parfaite transcription.

Les laïcs s’approprient l’écriture

A la fin du XIIe siècle, les scribes laïcs qui collaborent avec les moines s’organisent en ateliers et guildes.
Outre les documents officiels, les scribes laïcs rédigent des livres qui traitent de philosophie, mathématiques, astronomie. Et plus tard, de médecine, de cuisine, d’éducation et même des romans.

Des auteurs commencent à rédiger dans leur langue. Un large public ne sachant pas le latin, peut tout de même lire des livres dans leur propre langue.
Guillaume de Loris et Jean de Meung ont écrit l’un après l’autre « Le Roman de la Rose ».

Des échoppes dans lesquelles sont vendus les manuscrits sont ouvertes. On peut aussi faire appel à un imprimeur directement, pour une commande particulière.

Avec la naissance des universités laïques, la demande de manuscrits est forte et les artisans ont de plus en plus de travail. Il faut donc former des scribes. La formation dure environ sept ans. Les élèves commencent par les plus humbles travaux, comme tracer les traits et broyer les couleurs.
A la fin de la formation, l’élève doit élaborer un chef-d’œuvre : les maîtres décident d’accorder ou non le titre de scribe. S’il est accordé, alors le nouveau scribe peut s’installer à son compte.

Les caractères évoluent. Les scribes s’influencent des lettres allemandes dites « gothiques ». Cette graphie prend moins de place que la caroline. La plume qui n’est plus taillée à plat mais en biseau est plus adaptée à cette écriture.

Au XIVe et XVe siècles, apparaît une écriture plus ronde qui se nomme « humanistique ». Et c’est la plus répandue, alors qu’une invention d’une portée immense voit le jour : la typographie.

La typographie

La typographie est une nouvelle méthode d’assemblement de caractères mobiles. Cette méthode va provoquer un grand bouleversement. Mais au début, c’est surtout un moyen de faire face à la demande grandissante de manuscrits et l’imprimeur doit rivaliser avec le scribe. Il faut imiter le copiste et l’enlumineur. Des lettres très complexes sont inventées.

C’est alors qu’un certain Johannes Gutenberg comprend tout l’intérêt d’un matériau utilisé en Chine : le papier.
Inventé en Chine vers le IIe siècle, le secret de fabrication est divulgué aux envahisseurs mongols au VIIIe siècle. La technique de fabrication est transmise aux perses, puis aux arabes qui l’introduisent en Espagne et en Sicile.
Des fabriques sont ensuite créées en Europe. Le processus de fabrication reste à peu près le même que celui mis au point par les Chinois.

A partir de 1462, la machine à imprimer de Johannes Gutenberg, Johann Fust et Pierre Schoeffer est créée en assemblant des outils et matériaux déjà utilisés à des fins différentes : les caractères mobiles, la presse, les alliages au plomb, les moules, les poinçons.
L’imprimerie est née, elle connaît une diffusion rapide en Europe et son histoire ne fait que commencer...

On se souvient que les scribes anciens détenaient un grand pouvoir. Les livres et les idées qu’ils véhiculent ont un grand pouvoir.

Preuve en est, depuis cette époque, beaucoup de livres ont été détruits, brûlés. Un exemplaire du Dictionnaire philosophique portatif de Voltaire, n’est-il pas brûlé en même temps que le Chevalier de la Barre en 1746 ?
Le 10 mai 1933, des dizaines de milliers de livres n’ont-ils pas été brûlés en Allemagne, après l’arrivée d’Adolf Hitler au pouvoir ?
Mais aussi au Chili, pendant le régime de Pinochet ?
Maints exemples peuvent être malheureusement cités.

Maîtriser la lecture et l’écriture donne une grande liberté de penser.

 

Sources : L'écriture mémoire des hommes de Georges Jean. Livre que vous pouvez trouver sur le site www.recyclivre.com.

 

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