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Mme de La Fayette : Biographie

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Je vais vous présenter une dame, une comtesse ! A sa naissance on lui a donné les prénoms suivants : Marie Madeleine. Son nom de famille est Pioche de La Vergne. Je vois que ce nom ne vous dit rien. Je comprends. Si je vous parle maintenant de la comtesse de La Fayette, dite Madame de La Fayette. Ce nom en revanche, ne vous est pas inconnu. Alors voyons. Marie Madeleine est née en 1634. Son père, Marc Pioche, seigneur de La Vergne est écuyer et de petite noblesse. Sa mère est Isabelle Péna, dont la famille est constituée de médecins et de savants humanistes.

 

Son parrain, le marquis de Brézé, est maréchal de France. Sa marraine, dont la mère est une connaissance, est Madame de Combalet. Cette dame est la nièce du cardinal de Richelieu et future duchesse d’Aiguillon, à qui Corneille a dédié Le Cid.

Madame de La Fayette
Mme de La Fayette

Marie Madeleine passe sa petite enfance au Havre. Cette ville portuaire, qui date du XVIème siècle, sous le règne du roi François Ier. Enfin, la famille Pioche de La Vergne part du Havre pour aller vivre à Paris en 1640. Marc Pioche de la Vergne est Capitaine et ingénieur de formation. Il est alors précepteur d’un neveu du père Joseph (« L’Éminence Grise »), conseiller officieux du cardinal de Richelieu et membre des capucins. Le seigneur de La Vergne reçoit chez lui le célèbre Blaise Pascal, mais aussi L’abbé d’Aubignac, le poète et critique littéraire Jean Chapelain. La petite Marie Madeleine est à l’écoute de ce qui se dit dans les salons.

Les années se passent ainsi, mais son père meurt alors qu’elle a 15 ans. Un an après, sa mère se remarie avec le chevalier Renaud de Sévigné, janséniste et frondeur. Alors, Marie Madeleine se lie avec la jeune marquise de Sévigné, nièce par son mari, du chevalier de Sévigné. Madame de Sévigné est de huit ans l’aînée de Marie Madeleine. Ce qui ne les empêche pas d’être durant toute leur existence de grandes amies.

Son mariage

La Fronde provoque le départ pour l’Anjou avec sa mère. Elles y retrouvent Sévigné, alors en exil. Mais vous avez peut-être déjà entendu parler de La Fronde. Qui a été une période de troubles, de 1648 à 1653.

Enfin, revenons à Marie Madeleine. Rentrée à Paris, elle épouse le comte François Motier de La Fayette en 1665. Il a vingt ans de plus, il est veuf et issu de la vieille noblesse auvergnate. L’Auvergne où ils partent vivre et où elle prend le temps de beaucoup lire. Ils ont deux enfants : Louis en 1658 et René Armand en 1659. Louis deviendra abbé et Armand militaire.

C’est après le décès de sa mère en 1660, qu’elle rentre à Paris et s’installe rue de Vaugirard.

Madame de Lafayette entretient une relation privilégiée avec le duc de La Rochefoucauld, auteur des célèbres Maximes. Vous trouverez, si cela vous intéresse, une version numérisée sur le site de la BNF. Donc, le duc de La Rochefoucault lui présente les aussi très célèbres Jean Racine et Nicolas Boileau.

Les salons

Grace à Madame d’Aiguillon sa marraine, Marie Madeleine est nommée fille d’honneur de la reine Marie Thérèse. Son appartenance à la maison de la reine lui permet de rencontrer Madame (Henriette d’Angleterre). Elles se connaissent déjà, car elles étaient ensemble au couvent de Chaillot. Cette proximité avec la cours lui permet d’observer et noter tout ce qui s’y trame.

Marie Madeleine, que nous pouvons nommer Mme de La Fayette, fréquente le salon de la marquise de Rambouillet. Elle est présente dans le cercle littéraire de la femme de lettres Madeleine de Scudéry, comme son amie Madame de Sévigné. La vie culturelle de l’époque est marquée par le courant de la préciosité. Ce courant vise à embellir la langue française et l’art de la conversation. Mais vous connaissez peut-être la comédie satirique « Les précieuses ridicules », de Molière. Et oui, il y évoque ce courant. En revanche, la préciosité a trouvé son défenseur, Antoine Baudeau de Somaize. Il publie en 1660 le « Dictionnaire des Précieuses », dans lequel on retrouve Mme de La Fayette.

En parallèle, Mme de La Fayette ne manque pas de côtoyer l’écrivain Scarron et le savant Gilles Ménage. Ce savant qui l’a instruite de l’italien, du latin et de l’espagnol. Il voue à son élève une amitié amoureuse. Madame de Sévigné, parle de « sa divine raison », au sujet de Mme de La Fayette.

Ses publications

Non, le métier d’écrivain ne convient pas à une dame à cette époque. Mais cela ne l’empêche pas de relire les épreuves de ses œuvres, d’en corriger les fautes. Elle fait des recherches pour ses romans et Gilles Ménage lui apporte la documentation historique.

Elle collabore aussi avec le poète Jean Régnault de Segrais, qui est élu à l’Académie française en 1662. Il l’initie aux techniques romanesques. En 1662, « La Princesse de Montpensier », dont Gilles Ménage a fait la relecture, est publié sous le nom de Ségrais.

Le roman historique est à la mode. Mme de La Fayette publie « Zaïde » en 1669, toujours sous de nom de Segrais. Cette publication est précédée par « Traité de l’origine des romans » de Pierre-Daniel Huet. Et toujours, l’importance de la documentation pour écrire sur l’Espagne du IXème siècle.

Elle commence à travailler sur « La Princesse de Clèves » en 1672. Ce roman paraît chez Barbin en mai 1678. L’histoire se déroule pendant le règne du roi Henri II. C’est un roman historique. Mais surtout, un des premiers romans dits « psychologiques ».

C’est en 1689 qu’elle commence « Mémoires de la cour de France pour les années 1688 et 1689».

Ses œuvres ont beaucoup de succès. Elle désire être reconnue pour son intelligence. Elle fuit les passions, auxquelles elle préfère les amours chastes. C’est une fine observatrice, cela lui sert pour ses romans. Dans ses œuvres, elle s’intéresse à la psychologie des personnages, ce qui est innovant au XVIIème siècle.

Vers la fin de son parcours

Alors qu’elle commence à préférer la solitude de sa campagne de Saint Maur, le roi Louis XIV lui fait les honneurs de Versailles en 1671.

En 1676, à la mort de son beau-père, le chevalier de Sévigné, elle se trouve à la tête d’une fortune. Mais surtout, elle est particulièrement touchée par la mort du duc de La Rochefoucauld en 1680. Depuis 1662, année de leur rencontre, ils sont restés très proches.

Elle reçoit toujours. Et dans son hôtel rue Férou, on y retrouve La Fontaine ou Corneille qui lisent chacun leurs œuvres.

En 1683, elle perd son époux. A cette date, le roi Louis XIV épouse Madame de Maintenon. Elle décide de s’éloigner de la vie mondaine.

Son fils Armand se marie en 1689 avec Mademoiselle de Marillac. Ils ont une fille.

Après cette vie riche en rencontres de personnes illustres, elle s’éteint à Paris en 1693. Mais nous ne manquerons pas de partir à la rencontre de la Princesse de Montpensier ou de la Princesse de Clèves !

 

Livres audio disponibles sur ce site

La Princesse de Clèves

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