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Le Second Empire

Second Empire
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Le Second Empire s’étale sur la période de presque 18 ans, du 2 décembre 1852 au 4 septembre 1870.
Le coup d’état du 2 décembre 1851 met fin à la IIème République. Une nouvelle constitution est promulguée le 14 janvier 1852. 

Le président de la République est élu pour 10 ans, il est responsable devant le peuple et a la plénitude du pouvoir exécutif et la meilleure part du pouvoir législatif.
Il a seul l’initiative des lois, de choisir et de révoquer les ministres. Les députés ne sont plus responsables que de leur département.

Le travail législatif s’effectue au conseil d’état.

Le parlement compte deux chambres :

    • Le corps législatif, pour le vote des projets de loi, les impôts, le budget. Présentés au nom du président.

    • Le sénat, avec ses membres de droit et ses membres nommés à vie par le président, juge de la constitutionnalité des lois. Il peut procéder au Senatus-consultes (soit par décret), à des modifications de la constitution.

Le 2 décembre 1852, Louis Napoléon Bonaparte est proclamé empereur sous le nom de Napoléon III (Voir La naissance du Second Empire). Son règne est découpé en trois parties, l’empire autoritaire, l’empire libéral et l’empire parlementaire.

L’empire autoritaire de 1852 à 1860

Napoléon III exerce seul le pouvoir. Beaucoup de droits qui avaient été mis en place sont restreints.

La presse


Les publications sont désormais soumises à l’autorisation et au cautionnement. Afin de ne pas voir leur activité suspendue, voir supprimée, les journaux doivent pratiquer l’autocensure.

Le suffrage universel

Les préfets exercent des pressions, une puissance illimitée dans les départements. Pour les élections, seul le candidat favorable au pouvoir peut compter sur l’appui des moyens administratifs. Ce candidat dispose d’une affiche et d’un bulletin de vote imprimé à son nom.
Les maires sont nommés par le gouvernement. Tous les fonctionnaires sont surveillés politiquement, quelque soit leur échelon.

L’université

Les matières comme l’histoire, la philosophie sont supprimées des agrégations. Elles sont jugées subversives.
Les professeurs sont nommés ou révoqués par décret (comme les républicains Michelet ou Quinet).

La littérature

La littérature est soumise à une censure moralisatrice (voir les procès de Madame Bovary et des Fleurs du mal).

Victor Hugo, qui avait appuyé la candidature de Louis Napoléon Bonaparte à la présidence de la République, se rapproche de la gauche et dénonce les ambitions du prince-président. Hugo doit partir en exil, d’abord à Bruxelles, où il ecrit : Napoléon le Petit, un pamphlet publié en 1852. Le gouvernement belge le prie de quitter la Belgique. Et c’est à Jersey qu’il écrit et publie Les Chatiments. Il y clame son mépris pour Napoléon III. Je vous invite à lire ou relire Le Manteau Impérial.

L’attentat du révolutionnaire italien Orsini va renforcer cette autorité par la loi de sûreté générale du 19 février 1858  (Cliquez ici pour plus de détail).
Mais, par opposition à cette autorité, le peuple est très souvent sollicité, de nombreux plébiscites sont organisés. Le suffrage universel est maintenu.

Cette liberté perdue a une contre-partie : le faste et la prospérité : la fête parisienne, le Boulevard, le théâtre, l’opéra.
C’est aussi l’époque des nouvelles stations balnéaires : Deauville, Biarritz, Monte-Carlo. Des grands travaux d’Haussmann (préfet de 1853 à 1869) qui permettent de rendre Paris moins insalubre.
C’est de cette période que date l’industrialisation de la France.

Mais il faut de l’argent pour tout cela. Alors, sont créés les grands établissements de crédit : En 1852 le Crédit Foncier et le Crédit Immobilier des frères Pereire, en 1859, le Crédit Industriel et Commercial, en 1863, le Crédit Lyonnais, en 1864, la Société Générale.

Les transports connaissent aussi une grande évolution. De nouvelles lignes de voies ferrées sont créées. En 1851, la Compagnie des messageries maritimes, en 1855, la Compagnie générale transatlantique voient le jour. La France encourage le creusement du canal de Suez par Lesseps, dont les travaux commencent en 1859.

Il est nécessaire de faciliter les échanges avec les autres pays. Pour cela, une politique de libre échange est mise en place à partir de 1860. Un traité commercial est d’abord signé avec l’Angleterre, puis d’autre pays d’Europe.
Le commerce évolue aussi. En 1852, c’est la naissance du Bon Marché (voir Au Bonheur des Dames, d’Emile Zola). En 1855, les Grands Magasin du Louvre, La Belle Jardinière en 1856, le Printemps en 1865, la Samaritaine en 1869.

Les ouvriers profitent eux aussi de cet enrichissement. Le chômage diminue, les salaires augmentent. Des cités ouvrières sont créés. Des société de secours mutuel se constituent librement. En 1868, les chambres syndicales sont tolérées par le gouvernement.

Enfin, il y a aussi la gloire militaire avec la guerre de Crimée de 1854 à 1856, terminée par le congrès de Paris où la France se pose en maître de l’Europe. La politique de colonisation, qui a permis l’acquisition de la Nouvelle-Calédonie en 1853, la conquête de la Cochinchine en 1858. L’empire colonial s’étend aussi sur l’Afrique noire : Sénégal, Gabon, Madagascar, le territoire d’Obock.

L’empire libéral 1860- 1869

Les victoires de la guerre d’Italie en 1859 et le traité de libre échange commercial franco-anglais en 1860, marquent un tournant du régime.

En Italie, Napoléon III donne son accord pour l’extension du Piémont. La campagne de 1859 pendant laquelle l’armée franco-piémontaise affronte l’armée de l’empire d’Autriche, avec les victoires de Magenta et Solférino. L’Autriche cède la Lombardie. En 1860, Nice et la Savoie sont annexées à la France.
En Algérie, Napoléon III a montré des idées en avance sur son temps. En effet, il voulait être : “L’empereur des arabes autant que des français” et voulait “une égalité parfaite entre indigènes et européens”. En 1863, il a proclamé “les tribus d’Algérie propriétaires des territoires dont elles avaient la jouissance permanente et traditionnelle”. Les colons étaient en opposition avec ces principes.

En France, Napoléon III cherche des appuis à gauche. Car il doit faire face aux catholiques, mécontents de sa politique italienne et qui soutiennent le Saint Père. Ainsi qu’à certains milieux industriels éprouvés par la concurrence des marchandises anglaises, suite à la mise en place du libre échange.
Napoléon III autorise la publication des débats parlementaires. Des ministres sans portefeuille sont chargés de présenter devant les députés les projets de loi. Aux élections de 1863, 32 députés de l’opposition rentrent dans le Corps Législatif.

Par décret, le 19 janvier 1867, la loi d’interpellation est rétablie. Un membre du Parlement peut à nouveau adresser à un ministre une demande d’explication.
L’autorisation préalable pour la presse est supprimée.
La liberté de réunion est rétablie en 1868 : Toute réunion peut se tenir, sans autorisation préalable, dès lors que l’on n’y traite pas de questions religieuses ou politiques.

Toutes ces mesures donnent des armes aux adversaires politiques du régime en place. L’opposition grandi et Napoléon III propose par décret un régime plus libéral. Les résultats de ce plébiscite donnent une grande majorité de oui. L’empire est plus solide que jamais.

La campagne du Mexique commence en 1861 et se termine en 1867. Elle va porter un coup à l’empire. Napoléon III veut créer en Amérique Centrale un grand empire latin catholique, afin de se rapprocher du pape. Dans un même temps, il compte renouer avec l’Autriche en offrant la couronne d’empereur du Mexique à Maximilien Habsbourg. Il est mis sur le trône en 1864. Mais cette campagne se termine mal et Maximilien Habsbourg est exécuté en 1867.

La Prusse à cette période, forge l’unité allemande. La victoire des Prussien le 3 Juillet 1866 à Sadowa met en alerte la France, qui tente de réorganiser son armée (réformes Niel).

L’empire parlementaire et la chute 1869 -1870

Suite aux élections de 1869, la poussée de l’opposition républicaine engage Napoléon III à aller plus loin. En effet, désormais le Corps Législatif peut nommer son président, à le droit d’initier des lois, de voter le budget par article et la liberté d’amendement. C’est le retour au régime parlementaire.

En janvier 1870, le républicain Emile Ollivier est appelé à la tête du ministère de la Justice et des Cultes, le premier dans l’ordre protocolaire. Son gouvernement ne dure que six mois, mais il a le temps d’engager une révision constitutionnelle.
Le sénatus-consulte en avril 1870 enlève au Sénat son pouvoir constituant. L’empereur conserve les prérogatives essentielles qui lui assure la constitution de 1852.

Nous n’aborderons pas ici le détail de ce qui a servi de prétexte à Bismarck pour engager le conflit franco-allemand, mais vous pouvez consulter les informations de ce lien https://www.herodote.net/1870_1871-synthese-543.php .

C’est donc le 19 juillet 1870 que la France déclare la guerre. Après plusieurs défaites, la France capitule à Sedan le 2 septembre 1870. La nouvelle connue, la foule pénètre dans le Palais Bourbon et Gambetta annonce la déchéance de l’Empire. La République est proclamée à l’Hotel de Ville le 4 septembre. L’impératrice, puis Napoléon III se réfugient en Angleterre.

Version audio :

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